Edition décembre 2025 - n°135 Prochaine édition début janvier 2026
Premières neiges... Derniers mots !
A part l'arrivée de la neige qui a modifié joliment pour quelques jours la physionomie du village (ne manquez pas la photo du mois en bas de cette page...) et faute de nombreux événements à annoncer, cette édition devait s'articuler autour des comptes-rendus des animations de novembre. Heureusement nous avons reçu des contributions intéressantes pour l'étoffer.
Ces textes auraient gagné à être illustrés de photos, malheureusement le temps a un peu manqué pour en rechercher dans nos archives. En effet, pour ne pas être trop en retard, il convenait de mettre en ligne rapidement et il ne manquait aussi l'éditorial qui ouvre traditionnellement cette page depuis 134 éditions. L'inspiration manquant, l'année dernière j'avais recopié ici l'éditorial de l'année précédente en changeant simplement quelques chiffres... J'aurais pu faire la même chose mais, finalement, je préfère rappeler, encore une fois, qu'après plus de dix années d'engagement je souhaite prendre du recul (et vivre une nouvelle aventure) et qu'il faut reprendre le flambeau !
Merci à ceux qui ont déjà proposé leur aide car le relais est pris sur plusieurs chantiers :-)
Parmi ceux qui restent, celui du site Internet et du bulletin nécessite encore quelques bras ! Merci encore à Monique, Ninette, Andrée et Bernard qui m'aident depuis le début pour la publication de ce site. Sylvie s'est proposée pour aider sur la partie technique. Il faut encore compléter cette équipe éditoriale pour poursuivre ce travail de mémoire exceptionnel dans sa continuité.
L'année prochaine, quelqu'un d'autre ou un collectif, signera cet éditorial. Je le lirai avec plaisir (et je serai disponible pour aider les rédacteurs !).
D'ici là, au nom de toute l'équipe de Culles-Initiatives, je vous souhaite une bonne fin d'année et de joyeuses fêtes de Noël !
Bertrand Brocard
Photo BB
Au sommaire de cette édition n° 135 :
Retrouvez les éditions précédentes en cliquant sur l'onglet "Archives 2025" et "Editions précédentes"
Activités à la Maison des Initiatives
Tea-Time !
1er décembre à 17h15
Club Livres : Samedi 6 décembre
Soirée Jeux : ven. 19 décembre 20h
6 décembre - Théâtre "T'as fait la soupe ?"
Lors du dernier F'estival, nous avions eu l'occasion de voir, en avant première, un petit extrait de la pièce de théâtre montée par la troupe de Santilly en lien avec le thème "1965" année de naissance de notre association.
La pièce se jouera à Saint-Gengoux, au théâtre du tilleul, le samedi 6 décembre prochain.
"T'as fait la soupe ?"
C'est une comédie sur fond d’histoire et de terroir, sur le thème de l’émancipation féminine en 1965 dans une petite ville de Saône et Loire où jusque-là, les ménages vivaient sur des bases solides: les hommes au travail, les femmes à la maison… Une petite vie bien réglée mise à mal par la loi de l’été 65 qui a autorisé les femmes mariées à travailler sans le consentement de leur mari et à posséder un compte en banque !!!
De l’humour, de la tendresse et une ambiance des années 60.
Vendredi 12 décembre - Soirée contes
En partenariat avec la Bibliothèque des 4 Liserons,
les conteuses et conteurs de Culles-les-Roches,
accompagnés par Alain Chaillet au piano,
joueront leur spectacle mis en scène par Anne Prost-Cossio
"MurMur(e)s - Pierres d'ici, Pierres d'ailleurs"
On vous attend nombreux !
A 20h30 salle des fêtes de Chenôves - Entrée : prix libre
Dimanche 14 décembre - Noël des enfants
L'association Les Minus'Culles vous invite à la Fête de Noël de Culles-les-Roches, le dimanche 14 décembre à 15h30 au caveau.
Spectacle des enfants, jeux, buvette
et distribution des cadeaux par le Père- Noël !
Contact : [email protected]
7 novembre - Raconte ton village !
C’est parce qu’il est important de préserver et de mettre en valeur le patrimoine humain de nos villages que l’association Culles Initiatives s’était associée à Loisirs Information Culture, association voisine, pour proposer une soirée « retour en arrière » sur un travail qui mobilisa une quinzaine de personnes de nos quatre villages.
En 2012, à l’issue d’un atelier de collectage d’histoires, de portraits, d’anecdotes de la vie d’autrefois, un livre est né, « Raconte ton village ». Et l’année suivante, en 2013, des comédiennes et des lecteurs ont mis en scène certaines de ces histoires, et des balades théâtralisées ont eu lieu dans chacun des quatre villages, guidées par le tambour du garde-champêtre et accompagnées d’un air d’accordéon ou de saxophone. Ce sont de courts extraits de ces balades, réunis dans un film, qui ont été projetés au cours de cette soirée.
On y évoque Zizi Panpan et sa gouaille de camelot, le Charlot des Filletières, Marcel le forgeron de St Boil, la Cheftaine de la colonie de Culles-les-Roches, l’institutrice de Saules, la cavalcade de St Boil…
Le public se laisse transporter dans ces évocations plaisantes d’un autrefois pas si lointain. On rit, on commente et on prend tout simplement plaisir. Deux des comédiennes et une musicienne sont là et revivent leurs prestations avec émotion. La soirée se poursuit alors par la lecture de quelques scènes évoquées dans le film, histoire d’en savoir un peu plus. Et le moment convivial autour d’un verre et de quelques gâteaux se prolonge dans de joyeux commentaires. MD
« Le passé nous indique le chemin où tout est toujours à faire, affaire d’humanité. »
Bernard Bacherot (in Préface de « Raconte ton village »)
Cérémonie du 11 novembre 2025
Sous un soleil lumineux, la cérémonie du 11 novembre a réuni de nombreux villageois. Ci-dessous le discours de Michel Duchamp, maire de la commune. L'élu ne cultive pas les interventions fleuves. C'est un texte court, le choix des mots fait réfléchir, réagir, à lire et relire pour se poser les bonnes questions.
Guillaume, complice musical de la cérémonie avec un porte partition "très original", a choisi d'interpréter à la trompette " le temps des cerises".
Les enfants ont pris le relais en chantant sous la référence " les enfanfastiques " un morceau dynamique conduit par le tempo guitares Clément Guillaume. Des enfants qui ont
au préalable pris le temps de réaliser une jolie fresque de leurs mains savamment décorées.....et si on se donnait la main ? Quelle bonne idée !
Tradition respectée avec pour cette journée de la paix, la plantation d'un nouvel arbre. Le verger compte maintenant deux cerisiers, un poirier, un prunier, un pommier et maintenant de la pêche de vigne et tout ce monde végétal se porte très bien. Le jardin jeux a pris formes et couleurs. Quelques finitions restent à faire. Ninette G.
Discours de Michel Duchamp
Comme chaque année, nous publions ici le texte du discours prononcé par le maire à l'occasion de la cérémonie.
"Nous avons, une nouvelle fois placé notre cérémonie républicaine sous le signe de la Paix !... Et pourtant les affaires du monde vont bien mal... Le ciel est traversé de nombreux nuages trop sombres, qui laissent difficilement entrevoir un horizon clair et paisible, mais plutôt des perspectives d'injustices, de violence, de conflits de toutes sortes...
Face à ce triste horizon nous sommes là, avec nos choix, nos croyances diverses, nos idéaux, nos erreurs, nos espoirs... Bien sûr dans ce contexte, il est tout à fait possible de se montrer indifférents, d'ignorer la situation, de faire preuve de fatalisme ou encore de se résigner...
Pourtant, au nom des valeurs républicaines, il reste possible de refuser la résignation et de garder l'espoir : espoir qu'un jour, il y aura plus de respect pour les droits de l'homme, plus de paix que de conflits, plus d’égalité, de liberté que de barbarie.
Cet espoir appelle notre engagement. Un engagement qui consiste à décider d'agir pour construire, là ou nous sommes, les conditions du « Vivre ensemble». En effet, la paix, la concorde, ne se décrètent pas, elles se cultivent. L'intolérance, le mépris, la colère, la médisance, n'ont jamais résolu un seul conflit ! Mais chaque fois que nous choisissons la bienveillance, le dialogue, la main tendue, notre monde avance d'un pas.
Cultivons, pour nous, pour nos enfants, le respect d'autrui, l'acceptation de nos différences, la pluralité de nos opinions, ce qui revient à consolider, au sein de notre communauté villageoise les fondements d'une démocratie concrète."
21 novembre - Soirée Maupassant
C’est un superbe « seul en scène » (mais pas tout à fait…) qu’offrit Olivier Clerc au public, invité au caveau par la bibliothèque des 4 Liserons, ce 21 novembre.
Dans un décor minimaliste, le comédien donne vie à « L’inutile beauté », ce récit de Maupassant sur la condition de la femme et la place que les hommes lui réservent. L’inutile beauté, c’est celle de la Comtesse de Mascaret, femme jeune et très belle qui punit son mari jaloux parce qu’il l’enferme dans une vie faite de maternités successives.
Par le seul jeu d’un accessoire, d’un changement de voix, d’une posture, il est tour à tour, le comte, la comtesse ou le narrateur, soutenu en cela par les créations musicales de Paul Lecomte, son compagnon de scène guitariste.
C’est rythmé, parfois burlesque, parfois sensuel, émouvant ou révoltant… Et le public est captivé et séduit. Le pot final qui se prolongea en fut la preuve.
Monique Desmartes
Halloween 2025
Petit et timide halloween cette année. Le message a eu du mal à circuler de citrouille en citrouille. Les vacances scolaires ont jeté un mauvais sort sur le rassemblement prévu à la Culles-ture box par l'association des enfants. Même pas grave, même pas peur, les Minus'Culles vont trouver des idées pour donner du pep's à ce rendez-vous l'année prochaine ! Ninette G.
L'actu en photos...
Que d'eau !
Avec les fortes précipitations de novembre le Mardéchon déborde régulièrement comme on peut le voir sur cette photo.
Inondation qui nous fait penser à la force de l'eau et aux terribles dégâts provoqués par des moussons catastrophiques de moins en moins exceptionnelles dans le sud-est asiatique ces derniers jours !
Le 19 décembre, le Conseil d'Administration de Culles-Initiatives s'est réuni. A noter la nouvelle participation de Marine Pernin qui va prendre la responsabilité de l'activité Théâtre, particulièrement importante dans l'association.
Après les discussions à l'ordre du jour, il était temps de fêter l'anniversaire de Ninette Gressard.
Progrès de l'Intelligence Artificielle...
Il y a quelque temps, pour tester un nouvel outil proposé gratuitement par Google, Notebooklm, nous lui avions juste donné l'adresse du site.
Avec cette seule source, l'outil est allé explorer notre édition de l'époque, on était en juin, et a généré en quelques secondes le reportage que vous pouvez écouter en
cliquant sur ce lien : Podcast Edition 128
[ Si cela ne fonctionne pas, vous pouvez le télécharger grâce au bouton ci-contre. Il sera chargé dans votre dossier "Téléchargements" et il n'y aura plus qu'à cliquer dessus.]
C'est à la fois bluffant et inquiétant. Et cela donne à réfléchir !
Merci Malou !
Cet été, nous avons eu le plaisir de revoir Malou Tupinier, venue d'Antibes où elle habite, très heureuse de pouvoir participer au soixantième anniversaire de notre association lors du F'estival. Elle vient de nous envoyer un témoignage sur ses souvenirs de vacances à Culles accompagné de ce petit mot sympathique qu'elle a joint à son témoignage :
"Après avoir passé autant de bon temps à Culles-les-Roches, nous continuons à y venir toujours aussi volontiers. Ce n’est pas sûr que nous puissions le faire encore très longtemps mais cette année nous avons bien profité de la fête et de nos cousins : Jeannine et René Derain ainsi que sa sœur Michèle, Françoise Palluet et son mari et aussi Bébert et Marie-Thérèse Thomas, Madeleine Lévêque-Thomas et Madeleine Thomas à Chaumois.
Bravo aux organisateurs du F'estival et aux bénévoles, ça n’a pas été facile, à cause de la météo, mais pourtant bien réussi. Merci aussi pour votre accueil chaleureux qui nous a permis de participer à tout et même sans réservation".
Souvenirs de vacances à Culles-les-Roches
Avec ma sœur et mon frère Charles nous étions à la première fête organisée par le Syndicat d’initiative [ aujourd'hui Culles-Initiatives ], qui se déroulait alors sous la Roche. Nous avions participé à l’installation et à la tenue des stands et du premier boulodrome. Le soir il y avait eu la boum à la gare qui s’était terminée par la préparation et la dégustation de la soupe à l’oignon. J’avais 20 ans.
Nous passions tous les mois d’août à Culles avec mes deux frères et ma sœur. Pendant notre enfance nous vivions chez nos grands-parents dans la maison des Varennes (maintenant Maison des 4 cheminées - Famille Julien).
Mon oncle, Louis Tupinier, et ma tante s’occupaient de la ferme : 1 cheval Bibi, 4 vaches (puis une 5éme que nous avions vu naître et baptisée Rosy), 1 cochon, 3 chèvres, des poules et des lapins. Nous conduisions les vaches au pré le matin après la traite, nous allions les chercher le soir avec ma tante ou seuls : elles connaissaient le chemin ! Ma grand-mère s’occupait des chèvres.
Mon oncle travaillait dur dans ses vignes et ses champ de pommes de terre, betteraves, maïs… et à couper le foin pour l’hiver. Nous ne le voyions pas beaucoup la journée mais le soir il aimait jouer avec nous et nous aussi.
Puis Tonton a acheté un tracteur, il ne faisait plus travailler Bibi qui perdait l’habitude d’obéir. Un jour mon père est allé le chercher dans un pré au-dessus de la Grand Croix. Comme à midi il n’était pas revenu ma mère me demanda d’aller à sa rencontre. Arrivée en haut du chemin je vis passer le cheval au galop et mon père qui courait derrière. Il me dit : « redescend vite je vais le rejoindre et le diriger dans la Grand Croix, en bas tu te mettras au milieu du chemin pour l’arrêter » pas facile ça ! Mais j’ai obéi et bientôt j’ai entendu Bibi descendre à bride abattue, la peur me prit et… A ce moment-là Xavier Derain arrivait sur la route monté sur son cheval noir. Je lui ai vite expliqué la situation et c’est lui qui a arrêté Bibi. Mon cousin Xavier est devenu mon Zorro.
Nous disposions d’un immense terrain de jeux : écuries, garage à chars, cuvage, buchers, lavoir, fenils, cour et jardin. Quand il pleuvait nous allions dans le grenier rempli de « trésors » : grâce à de vieux jupons trouvés dans des malles notre grand-mère nous faisait des déguisements avec sa vieille machine à coudre.
Il y avait une vieille calèche dans un coin de la cour sur laquelle nous passions des heures à inventer des voyages. A l’angle nord du jardin potager, au-dessus de la route qui monte au village il y avait une gloriette entièrement recouverte d’une plante grimpante, avec ma sœur nous aimions aller y jouer à la poupée bien cachées.
Nos cousins Annie Valade, sa sœur Bernadette et leur frère Michel Veaux venaient jouer avec nous, Jean Pierre Revel aussi. Les parties de de cache-cache étaient mémorables. Nous allions aussi jouer dans la Mouille et à 4 heures notre maman (ou parfois Mme Revel) nous apportait le goûter. Nous allions quelquefois jouer au train électrique dans le grenier de la maison Revel, chacun gardait un aiguillage et il ne fallait pas rater la manœuvre sous peine de voir deux trains se tamponner et dérailler. Le drame !
Après les pluies nous allions ramasser les escargots. Nous allions aussi cueillir les mûres dans les haies qui bordaient tous les chemins et nous sucions les prunelles un moment avant de les croquer pour ne pas qu’elles soient trop âpres
Dans les vignes de mon oncle il y avait des pêches de vigne dont nous raffolions et des prunes avec lesquelles ma mère et ma grand-mère faisaient les confitures. Il y avait aussi un poirier de la saule dont les petites poires vertes mûrissaient dans la cave. En fin d’après-midi nous aimions être avec Alex pendant qu’il faisait cuire la pâtée du cochon. Il nous avait appris à fumer des tiges de sureau ! Quand nos parents, oncle et tante, sortaient le soir nous étions sous la garde de notre grand-mère dont la chambre était au bas de l’escalier et les nôtres à l’étage. Avec Alex nous en profitions pour faire des jeux ou des batailles de polochons.
Il y avait aussi des journées pêche dans la Grosne en famille. Avant il avait fallu chercher des vers dans le fumier ! Nous fabriquions aussi des boulettes d’argile (au Mont Bouzu) pour troubler l’eau devant les cannes à pêche du papa et du tonton, ça facilitait la prise des goujons. Autre méthode : on nous faisait piétiner dans l’eau devant les lignes, on nous y envoyait à tour de rôle car l’eau était froide… heureusement nous étions quatre à nous partager la corvée. Aussi nous appréciions beaucoup la friture du soir bien méritée. Une fois nous étions allés chercher des écrevisses dans la Mouille. Nous soulevions les pierres et quand il y en avait une nous appelions mon père pour la prendre. Il les mettait dans un petit seau posé au pied d’un jeune noisetier au bord de l’eau. Quand le seau a été à moitié plein ma sœur est venue s’appuyer contre le noisetier, celui-ci plia complètement ou cassa et ma sœur se retrouva couchée dans l’eau avec le seau renversé sous son ventre, elle s’est vite relevée…mais adieu les écrevisses.
Et puis il y avait les fêtes. Le 15 août c’était la procession où les enfants jetaient des pétales de roses sur le chemin. Chez nous il y avait un très bon repas pour fêter notre grand-mère Anne-Marie, notre mère Marie et moi Marie-Louise.
La fête de Culles avait lieu sur la Bruyère. Toute la famille y montait à pied en passant par la Mouille et le pont sur la voie ferrée. Nous jouions avec les copains pendant que les parents dansaient. J’aimais beaucoup voir danser mon oncle et ma tante. Nous revenions avec les lampes…Magique ! Et puis il y avait la fête à la colonie de vacances. Tout le village s’y retrouvait et les enfants applaudissaient chaleureusement chaque scène, chant ou danse des colons. Il y avait de l’ambiance.
Parfois le père Chansselle et Melle Juliette venaient le dimanche prendre le café chez nous. Ils venaient en vélo. A ce moment nous pouvions quitter la table et aller jouer dehors. Mon frère Jean-Pierre en profitait pour enfourcher un des deux vélos et tournait dans la cour sans que les adultes s’en aperçoivent.
Autre grand plaisir : les virées sur la Roche dans la jeep de Joseph Veaux, grand copain de mon père, sensations assurées !
Quand la grande maison a été vendue mon oncle et ma tante se sont installés dans l’actuelle maison de mon cousin Albert Thomas. L’ancienne maison de la famille Chabas faisait partie de la propriété, c’est donc là que nous séjournions les mois d’août suivants. A l’adolescence nous faisions des balades dans les bois, sur la Roche, nous montions devant la grotte, nous traversions le tunnel sans lampe, nous lisions, nous tricotions beaucoup avec les copines dans nos jardins ou sous la Roche et nous chantions, parfois sur la Roche la nuit. Quand Marie-Marguerite Veaux a eu sa Fiat 500 nous allions aux fêtes des environs, il fallait parfois qu’elle fasse deux voyages pour transporter le groupe.
Le dimanche après le déjeuner nous jouions à la pétanque sur le chemin derrière la grange le long de la cour d’Angèle Voisin ou bien nous tirions à la carabine sur des cartons que mon oncle fixait sur la porte de la grange.
Malou Tupinier
Nous poursuivons ici la reprise d'articles issus d'anciens bulletins. Ce mois-ci un article d'actualité avec le passage à l'heure d'hiver, concernant le cadran solaire visible sur le mur de la maison Karpoff, juste à côté de l’église.
L’heure à Culles les Roches
Nous disposons, depuis cette année, d’un cadran qui nous permet de connaître l’heure solaire, ou plus précisément : « le temps solaire vrai ».
Un cadran solaire est un espace où se déplace l’ombre d’un bâton, appelé « style ». Cette ombre projetée peut nous fournir maintes informations.
Sur ce cadran, nous pouvons trouver l’indication des heures, de la saison, de la date approximative, et des constellations que le soleil traverse (zodiaque), grâce à l’ombre portée ; mais on trouve aussi, gravées dans la pierre, des indications sur la latitude et la longitude du lieu, sur la date de fabrication …. et une devise en latin.
Pour simplifier, nous pouvons dire que l’heure lue sur ce cadran correspond à l’opération suivante :
heure légale (celle de la montre) + 1 heure (+ 2 heures en été), plus ou moins la correction de longitude. A Culles, la longitude est de 4°39’ Est, et celle-ci correspond, après conversion, à une valeur négative de 16’ 36’’, temps qu’il faudra soustraire à l’heure légale.
Mais en réalité tout n’est pas si simple. Il faut en effet tenir compte encore de l’«équation » du temps, représentée sur ce cadran par une courbe fermée en forme de 8 allongé. Le soleil est très indiscipliné : il se déplace dans le ciel selon une trajectoire oblique parcourue avec une vitesse variable ! Les petits écarts quotidiens s’accumulent, et c’est ainsi que le soleil « retarde » par exemple de 14 minutes à la mi-février, et qu’il « avance » de 16 minutes en novembre. Tous ces écarts nous donnent « l’équation du temps ».
L’extrémité de l’ombre portée sur le cadran par le style nous donne l’indication du jour, du mois, et par conséquent la constellation que le soleil traverse (signes zodiacaux).
La latitude et la longitude de Culles sont gravées en bas du cadran. Elles sont nécessaires au tracé de celui-ci. Ces indications sont données sur les cartes géographiques.
La « déclinaison » du mur de la maison correspond à sa position par rapport à la ligne est-ouest. Elle est, dans le cas présent, de 24° sud-ouest.
La devise « Utere non numera » signifie : « Ne les compte pas, mets-les à profit » (sous-entendu : les heures).
Pour réaliser ce cadran, il a fallu tenir compte de ces 3 données : latitude, longitude et déclinaison du mur. A celles-ci, il faut ajouter la déclinaison magnétique : c’est la différence entre le nord magnétique (donné par la boussole) et le nord géographique. Cette différence se traduit par un angle qui est variable dans le temps, et selon a situation géographique du lieu. En 1990, et pour Culles, cet angle était égal à 2° 48’.
A partir de toutes ces données, le tracé peut être envisagé. Sans être astronome ou expert en gnomonique (science des cadrans solaires), quelques connaissances simples de géométrie et de trigonométrie sont indispensables : aucun tracé n’est le fruit du hasard.
Ce cadran a été réalisé avec un matériau de la région : la pierre de Buxy. Le « style » est en laiton. Toutes les indications sont gravées et peintes. Ses dimensions extérieures sont de 815 x 1040. Elles ont été calculées, pour des raisons exclusivement esthétiques, avec le nombre d’or (1,618). Le cadran pèse environ 70 kg.
Tous ces renseignements d’ordre scientifique et technique ne doivent pas nous faire oublier que le cadran solaire est un objet vivant, que personne ne remonte, et qu’aucun poids n’entraîne … qui a quelque chose à nous dire et qui nous parle : il nous parle du temps, de sa fuite sans cesse rappelée, avec tout ce qu’elle comporte pour nous de tragique et d’irrévocable.
Pierre Karpoff
Culles sous terre
Un "conte" assez délirant a attiré l'attention sur Culles en octobre 2025. Publié sur le site Infos-Chalon, il rapporte une soi-disant histoire d'exploration souterraine fort ancienne, à partir de l'exploitation des carrières de la Roche. Il n'y a aucun fondement à ce récit, mais il a eu le mérite de me titiller et de m'inviter à explorer le monde souterrain, bien réel, lui, de notre village…
La grotte
La grotte préhistorique de la Folletière, darée Badaine, est le souterrain le plus célèbre de Culles. Et ses concurrents éventuels, réels ou supposés au long de la falaise, ne font pas le poids.
Mais avant de descendre dans les entrailles de la Roche, je me permets de rappeler que l'une des hypothèses plausibles sur l'origine du mot Culles serait justement l'existence de cette grotte, visible à plus d'un kilomètre ! La racine « cousoul » a été repérée dans le Massif Central et elle désigne, paraît-il, des grottes ou abris sous roche. « Culles » pourrait donc signifier « le pays de la grotte » ! Chose pas impossible du tout, d'autant plus qu'un lieu-dit de la commune est intitulée La Culasse et on y trouvait jadis une caverne où se serait réfugié des gens pendant la Révolution. Cela fait une belle et inattendue introduction à notre exploration souterraine.
Des articles ont déjà été publiés dans ce site ou les bulletins sur la configuration de la grotte, sur sa situation, sur son histoire qui remonte à la préhistoire. Rivka Benzazon, étudiante culloise de la Sachette, a récemment produit un mémoire universitaire à ce sujet dont nous avons publié des extraits. Et malgré les fouilles ou visites nombreuses, il arrive encore que l'on découvre quelques vestiges étonnamment préservés : silex taillés, ossement d'animaux peuplant les cavernes, cendres...
Tout cela nous rappelle la vie de nos lointains aïeux. A Culles, ils n'étaient pas franchement sous terre, mais au moins à l'abri, profitant de la majestueuse entrée de notre grotte. À ce jour les anfractuosités profondes sont en partie colmatées et on ne peut aller à plus de 60 mètres de longueur, nous laissant rêver de peintures rupestres ou plus probablement de galeries plus ou moins immergées sous terre.
En effet, les eaux pluviales tombées "sur la roche" circulent comme toujours dans les réseaux karstiques. Avant de sourdre paisiblement ou en bouillonnant dans les sources en aval.
Le mot de « folletière » pourrait d'ailleurs faire écho à ces phénomènes : en Brionnais, il évoque les boursouflures et effondrements de terrain nés de sources subites et intermittentes.
Grottes et galeries sont loin d'avoir toutes été repérées. On en découvre encore parfois de fort grandes comme par exemple à Blanot et à Azé en Mâconnais.
Les calcaires sont depuis des millions d'années attaqués par l'érosion chimique, et des milliers et des milliers de tonnes de calcaire ont été finalement évacuées sans qu'on s'en rende compte : ce sont les petits dépôts de calcaire de nos bouilloires ou les épais dépôts de tuf qui jalonnent notamment le Mardéchon, et qui se produisent lorsque l'eau n'est plus sous pression.
Du Châtenay aux Gargouilles
Ainsi, quelques curiosités se présentent-elles à nous sous la forme d'entrées plus ou moins secrètes vers les entrailles de la terre. A Culles, nous savons que le ruisseau de la Mouille se perdait jadis totalement en aval du moulin de Châtenay. Les eaux réapparaissaient beaucoup plus loin en aval, on ne sait d'ailleurs pas où exactement ! Les eaux qui surgissent à Colonge, aux sources de la Goutteuse, ont parcouru d'abord de longues galeries, venant des hauteurs de la Sachette, et autres lieux puisqu'on y trouve aussi des sables granitiques de Culles. C'est non loin de là que se trouve « le trou du tonnerre», récemment dégagé par Gilles Valentin-Smith, non loin du viaduc.
Mais on pourrait aussi évoquer la succession de dolines, trous d'effondrement établis dans les Gargouilles, sur une ancienne faille. De là, les eaux courent, invisibles, vers Saint-Gengoux, en rejoignant plus ou moins le ruisseau de Nolange.
Galeries du 19e siècle
La vie souterraine de Culles est plus encore connue suite à deux activités humaines importantes à la fin du 19e, et au début du 20e siècle. Il s'agit de la mine de gypse du Mont Bouzu, et du tunnel réalisé pour la ligne de chemin de fer de Saint-Gengoux à Montchanin. J'ai déjà écrit à ce sujet (chemin de fer : bulletins du Syndicat Initiative n° 13, 41-42, 61-62 ou « l’horloge des siècles » p 90. Mine Mt Bouzu : n°26 28 , « l’horloge des siècles » p.84), et je rappelle simplement combien cette vie souterraine a marqué le village.
Même si, officiellement, la mine du Mont Bouzu est située sur la commune de Fley, la détection d'un grand gisement de gypse dans les couches du trias, a incité des entrepreneurs à faire des forages et à exploiter plusieurs kilomètres de galerie, le gypse étant ensuite remonté et cuit sur place pour produire du plâtre.
Une descenderie protégée par des poteaux de bois donnait accès aux galeries. Et un monte-charge vertical permettait de convoyer le gypse jusqu'au four. 5 ou 6 mineurs, essentiellement de Culles (messieurs Pierre Griveaux, Maurice Loudenot, André Bourgeois, Piot, Louis Pernin, et même pendant quelque temps des prisonniers allemands) extrayaient la roche à coups de dynamite et de pioches, dans l'obscurité à peine troublée par les lampes à huile ou au carbure.
Le tunnel
Le creusement du tunnel s'est fait vers 1880-90, avec des moyens modernes pour l'époque, mais bien artisanaux quand même ! Et pour une longueur de 1200m environ, en veillant à laisser un écoulement des eaux de part et d'autre. Les études géologiques avaient été menées au préalable, mais il y a eu quand même de la surprise le jour où il a fallu évacuer d'urgence, un gros effondrement s'étant produit dans les roches plus friables et complètement gorgées d'eau. L’effondrement se voit encore dans le coteau du Benchot.
Sous terre, sans les moyens de repère d'aujourd'hui. Il fallait bien garder l'alignement. Et on avait trouvé pour cela un système de visée, en direction de grands poteaux, à l'extérieur (à ce jour, il reste deux socles de ces poteaux d'alignement).
Puis, dans le tunnel appelé officiellement » souterrain de Champagne », il a fallu aussi ménager de loin en loin des refuges pour le cas où un train viendrait à croiser des ouvriers travaillant sur la voie, ou des promeneurs en quête d'un raccourci pour Champagne !
Aujourd'hui, le va-et-vient des trains a complètement cessé depuis 1969. Le tunnel a été fermé, et après avoir servi de cave de stockage à la coopérative de Buxy, il a été en partie aménagé pour y faire pousser des champignons. Un nouvel exploitant a repris l'affaire en 2025, après quelques années d'oubli. Avec l'électricité on y voit plus clair que jadis, et c'est toute une vie souterraine qui s'est à nouveau installée, même si les champignons poussent dans le silence, le calme et la sécurité.
À noter une belle colonie de chauves-souris côté ouest du tunnel, dans la partie située sur la commune de Bissy-Sur-Fley.
Après l'eau, le plâtre et le train … le vin !
Avec les grottes, la mine et le tunnel, on pourrait estimer avoir fait le tour de la vie souterraine de Culles, mais notre exploration ne serait pas complète si nous nous en tenions là. Je pense d'abord que, sous terre, et à Culles notamment, il y a beaucoup de caves. Elles ne sont généralement pas très enfoncées. Pour en faciliter l'accès, elles sont généralement au rez-de-chaussée, laissant les vignerons s'installer à l'étage sur le « meurot ». Mais surtout dans un pays fort vallonné, la cave est néanmoins creusée dans le coteau, ce qui est meilleur pour la conservation du vin.
Réseaux utiles et méconnus
Sous terre, toute une vie court aussi depuis longtemps, ce sont les aqueducs ou les "cors" (ou corps ?) qui canalisent des eaux. Les aqueducs établis sous la voie ferrée, à la Vauzelle, à la Châtelée, à la gare et à l'Aiguille sont des ouvrages remarquables.
Mais, plus discrètement encore, des pots ou petites galeries ont été installés depuis toujours pour évacuer les eaux pluviales et les détourner pour assainir et protéger. Nous n'allons pas nous y promener, mais il y a bel et bien une vie souterraine où végétaux et animaux minuscules prolifèrent.
Quant aux nombreux terriers de lapins, ils ont disparu avec la myxomatose… mais il reste de beaux terriers de blaireaux, notamment dans les Coirattes ! Bertrand Brocard a filmé en infra-rouge leurs évolutions nocturnes !
Si on considère de nos jours que la vie n'est pas seulement biologique, mais qu’elle concerne toute la vie humaine, nous n'oublierons pas non plus les adductions d’eau, les fils électriques et téléphoniques qui se cachent sous nos pieds.
De même, la vie ne se limite pas à ce qui se voit à l'œil nu. La vie est presque partout dans le sol, du moins dans les couches supérieures. Les savants savent calculer le nombre de vers et d'insectes de toutes sortes qui peuplent le moindre mètre cube de terre, à moins que la pollution n'ait tout détruit ! Il y a quelques années, Monsieur Lethimonier avait essayé une exploitation de lombriculture sur l’Echâ. La vie grouille sous terre.
Enfin...
Comment pourrais-je terminer ce tour d'horizon sans évoquer le cimetière ? A Culles, c’est « aux Varennes ». Pour évoquer la mort, on dit parfois « quand je serai sous terre » et, dans toutes les civilisations, le monde des morts a été représenté comme souterrain. Sauf que, aussi, certains évoquent le Ciel. Une façon de dire qu'aussi bien sur terre que sous terre, la vie nous invite à regarder toujours plus loin, toujours plus haut.
Le mystère de la vie demeure. Et avec nos morts c'est toute une histoire qui sommeille avant de revoir le jour…
Bernard Veaux
Photo du mois
L'arrivée de la neige au village a inspiré Emmanuelle Grataloup, passionnée de
photographie, qui a publié toute une série sur ce thème sur sa page Instagram que nous vous invitons à visiter : https://www.instagram.com/
Parmi ces beaux clichés, nous en avons choisi un, cette fleur étonnante.
Emmanuelle nous explique ce qui l'a inspirée :
"Par un beau matin d’automne, Culles était recouvert de neige et ce matin la lumière était très belle. Je savais que le temps était compté, la neige allait très vite fondre et la lumière devenir trop puissante avec ce beau soleil. J’ai donc foncé pour partir immortaliser les beautés éphémères de cette matinée. Le mélange entre les couleurs automnales encore présentes et la neige étaient fortes intéressantes. J’ai fini par tomber nez à nez avec cette fleur couverte de neige que j’ai trouvé splendide, il ne le restait plus qu’à mettre en pratique mes acquis de photographe gagnés avec ma formation et me rappeler des conseils donnés par notre ami photographe Pierre K. pour mettre en valeur des fleurs en image.
Je savais que ce serait LA photo de toute cette série sur la neige. Je rentrais ravie de cette belle exploration photographique et la neige avait déjà bien fondu. C’est cela que j’aime avec la photo, capturer des beautés et moments éphémères qui nous procurent une émotion elle aussi passagère, la photo la fige si toutefois on prend le temps de la contempler."
Tests techniques commentaires Géorama
Panneau 1 https://drive.google.com/file/d/16LaEs1Q04IgSFwG63KgZjTOasGa2IoRF/view?usp=sharing
Panneau 2 https://drive.google.com/file/d/1Dv0Wag3O9Zxiwl2CeyfsQ__TYdF-VwSv/view?usp=sharing
Panneau 3 https://drive.google.com/file/d/1tVPL7xTh3JUQiJa-XC1Nz25qbN0WdWxj/view?usp=sharing
Panneau 4 https://drive.google.com/file/d/1iwzVppKcPEKIayYAEDSGT6uYEGIUYond/view?usp=sharing
panneau 5 https://drive.google.com/file/d/1mDrqtHUy5-SjTNFSMHL9F3bPBpgAYpFD/view?usp=sharing
Panneau 6 https://drive.google.com/file/d/1Tqbtv2PrgisdI8gfyYkdZGmDpGF0QmkQ/view?usp=sharing
Panneau 7 https://drive.google.com/file/d/1jHqSudY5MwMu0xi0co5B88Mly_IztlhJ/view?usp=sharing
Les éditions précédentes sont disponibles en utilisant les onglets "Archives" et "Editions précédentes" (c'est logique !)
