Edition janvier 2026 - n°136                                                                                                                  Prochaine édition début février 2026

Meilleurs vœux pour 2026 !

Premier édito de l’année et premiers pas pour nous dans ce domaine, comme l’avait annoncé Bertrand en décembre ! Heureusement, il n’est pas très loin et nous tient la main.

 

A cette époque, les médias ont coutume de faire un retour en arrière sur l’année écoulée.

A l’échelle de notre village et de notre association, ce fut une année riche en animations culturelles, festives et amicales, une année également marquée par les aléas climatiques qui impactèrent le village et les cultures. 2026 prend naissance dans le froid, mais déjà s’annoncent des évènements que vous découvrirez au fil de la lecture de cette édition.

 

C’est donc au nom de toute l’équipe de Culles Initiatives que je vous souhaite une année 2026 la meilleure possible.
Et tous ensemble nous pourrons peut-être « allumer le feu » fin juillet !

Monique Desmartes


Au sommaire de cette édition n° 136 :

  • Meilleurs vœux !
  • Rendez-vous à la Maison des initiatives
  • Programme bibliothèque
  • Brûle sapins
  • Fêtons Saint-Vincent

 

  • Soirée contes
  • Noël des enfants
  • Architecture précolombienne ?
  • Belle fin d'année chez Marguerite
  • Noël blanc !

 

  • Tout feu tout flamme ?
  • Le réveil du vieux char
  • "Vachement différent"
  • Photo du mois

Retrouvez les éditions précédentes en cliquant sur l'onglet "Archives 2025" et "Editions précédentes"


Activités à la Maison des Initiatives

Tea-Time !
Lundis 12 et 26 janvier à 17h15

Club Livres : Samedi 10 janvier

Soirée Jeux :Vend. 16 et 30 janvier 20h



Ce sera en janvier...


Bibliothèque des 4 Liserons

- Exposition Denyse Geschlecht du 12 janvier au 28 février 

Pour Denyse, peindre, c'est la liberté de rêver, d'aimer, d'imaginer. C'est sa voix qui crie, qui chante. Qu'on l'entende ou non, elle dit avec justesse et pudeur ce qu'elle a au fond du coeur.

Vernissage lundi 12 janvier à 18 h

- Samedi philo le 10 janvier :

Une société peut-elle se passer de religion? (2ème partie)


10 janvier - Brûle-sapins

Ils ont fait leur temps pour décorer les maisons... Il y a encore une possibilité de les transformer en feu de joie !
Comme chaque année, les Minus'Culles vous donnent rendez-vous dans le parking sous la mairie pour les enflammer dans une ambiance conviviale.


24 janvier - Fêtons Saint-Vincent

Comme l’an dernier, Culles Initiatives vous propose de fêter Saint Vincent dans la tradition bourguignonne des villages viticoles.

 

Programme de la journée :

  • 10 h Messe de la Saint Vincent
  • Défilé bourguignon dans le haut du village
  • 12 h Repas de la Saint Vincent

Pour le repas (apéritif, repas, vins, 45 € tout compris), les places sont limitées.
La réservation est obligatoire. Contactez sans attendre Janine Derain au 06 70 89 01 57.

L'exposition sur la Société de Saint-Vincent est toujours visible à la Forge en accès libre.



C'était en décembre...

Vendredi 12 décembre - Soirée contes 

Que ce soit en période de Noël ou à d’autres moments de l’année, une soirée contes est toujours la bienvenue. Et c’est dans cette perspective que la Bibliothèque des 4 liserons avait programmé le spectacle « mur mur(e)s » à la salle des fêtes de Chenôves, spectacle de contes théâtralisés présenté par Culles Initiatives. Mais la météo et l’épais brouillard de ce 12 décembre en dissuada plus d’un. Le public était clairsemé. Mais le petit groupe des conteurs de notre association mit tout son cœur, tout son enthousiasme et tous ses talents pour régaler la vingtaine de spectateurs tout à fait enchantés par cette soirée. MD


Dimanche 14 décembre - Noël des enfants

Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Minus’Culles qu’on ne dispose pas d’un immense talent ! C’est ce que nous a prouvé la petite troupe des enfants du village lors du spectacle de Noël présenté ce dimanche après-midi.

Et c’était un spectacle fort plaisant, à la mesure des différents âges des artistes. Les petits étaient attendrissants dans la danse des esquimaux. Les moyens ont présenté une saynète évoquant le loup et les petits cochons, puis, un petit texte en langue des signes, guidé par Sophie. Le public put aussi mesurer les progrès d’Aloïs au piano. Nos deux grands baroudeurs, Maël et Tom, commentèrent une belle collection de leurs photos animalières, et les plus intrépides de tous âges présentèrent un numéro d’acrobaties rythmé et audacieux.

C’est en chantant Noël que tout ce petit groupe accueillit alors l’arrivée du Père Noël. Comme il avait l’air fatigué par son long voyage, en arrivant au caveau, plié sous le poids de sa hotte ! Mais, bien vite, il engagea de petites conversations avec chacun des enfants, histoire de vérifier si le cadeau sorti de sa hotte était vraiment mérité.

Et comme il n’y a pas de fête de Noël sans tombola ni buvette, cet après-midi festif se prolongea largement, un verre à la main et une part de gâteau dans l’autre. MD


Archéologie précolombienne

Le mausolée aztèque de Crainseny vient d’être découvert et notre archéologue Jocelyne en recherche l’entrée…

Cet article aurait pu commencer ainsi, mais en réalité, il s’agissait du dernier rendez-vous 2025 du groupe « sentiers » qui a choisi cette fois de sauvegarder et mettre en valeur notre patrimoine architectural : le viaduc. Opération de débroussaillage sous les arches, tronçonnage de deux arbres tombés et dégagement des butées latérales de renfort. Ces opérations sont interrompues pendant l’hiver et reprendront au début du printemps. Bienvenue à tous ceux qui souhaiteraient se joindre à nous.

Serge Maillé


Belle fin d’année "chez Marguerite"

La Maison des Initiatives a connu une belle activité cette fin décembre.

Le lundi 15, le dernier Tea Time était placé sous le signe d’un Noël anglais. Ann (Watson) avait dressé une jolie table aux couleurs traditionnelles pour partager un thé-petits gâteaux « so british » servi dans de la délicate porcelaine.

Le vendredi 19, la dernière soirée-jeux était, comme toujours, pleine de rires et d’animation.

Et dans la perspective de la St Vincent, une petite équipe s’est retrouvée trois soirées pour confectionner des roses multicolores destinées

à décorer l’environnement du caveau. Et Ninette, se charge chez elle d’une autre variété de floristique.

Ce sera un évènement « haut en couleur » !

Monique Desmartes


L'actu en photos...

Au matin du 25 décembre, le village était sous la neige. Pas un petit saupoudrage mais une couche de 10 centimètres...
Enfin un Noël blanc comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Et un soleil magnifique pour rendre l'image encore plus belle.
Si vous avez d'autres photos prises ce jour là, n'hésitez pas à nous les envoyer ! > [email protected]



Tout feu, tout flamme ?

Les demandes de subventions devant être transmises en janvier, il est temps de réfléchir au prochain F'estival qui marque chaque mois de juillet. Une réunion du Conseil d'administration de Culles-Initiatives aura lieu prochainement pour en parler. Il a déjà été évoqué d'alléger le programme et de focaliser davantage de choses sur la journée de dimanche pour renforcer le côté "fête du village".

Pour autant il est intéressant de décliner un thème pour lui donner une couleur comme nous l'avons fait les années passées sous ces titres : "Quand les trains reliaient les hommes" en 2017, "Du blé au pain" en 2018, "L'eau, ça Mouille !" en 2019, "De vigne en vin" en deux mille "vin" puis "En verre... et contre tout" en 21 (Covid oblige...), "Auprès de mon arbre" en 2022, "Un village au XXème siècle" en 2023, "Histoire(s) d'eau" en 2024 et enfin "Pierres et Mémoire" l'année dernière.

 

Rien n'a encore été décidé mais après avoir décliné, l'eau et la pierre, il restait un élément à mettre en valeur : le feu ! Merci à Laurent Bourtourault de cette suggestion !

Dès qu'on commence à laisser gambader son imagination, de nombreuses images surgissent, les déclinaisons sont nombreuses en idées de spectacles, d'animations, de mise en lumière...

Alors chiche ?

Bertrand



Le réveil du vieux char

Le petit groupe chargé de la préparation de la St Vincent a décidé d’utiliser, pour la décoration, le vieux char de M. Peythieu, devenu propriété d’Eliane et Serge Maillé. Il est encore en très bon état, il suffisait de le sortir de la grange. C’est Daniel Crucière qui prit l’opération en charge. Et voilà que, le temps d’une fête, le vieux char à vendanges deviendra « char d’asso ». Monique Desmartes raconte cette sortie.

 

"Cela faisait sans doute plus de cinquante ans que je me reposais le long du mur, au fond de cette grange dont on poussait rarement les portes. J’étais tranquille au milieu des autres outils de mon époque, à peine dérangé par les araignées qui ne se privaient pas de tisser leurs toiles dans mes roues. Et puis ils sont venus un matin. Ils étaient quatre et ils m’ont un peu bousculé, soulevé, pour me changer de place et me mettre face à la porte. Je sentais bien qu’il allait se passer quelque chose ! Ils ont attaché une grosse chaîne au treuil arrière. J’ai entendu un bruit de moteur et j’ai senti que je reculais doucement vers la sortie. Ils ont eu un peu de mal à me faire passer le seuil. Et puis je me suis retrouvé dehors, ébloui par le soleil. En quelle saison sommes-nous ? C’est peut-être le moment des vendanges ? Ils s’y sont pris en plusieurs fois pour me faire gravir le talus jusqu’à ce que je me retrouve en haut, sur la route. Je me suis tout de suite reconnu quand j’ai vu les gros rochers et le calvaire. Quand le tracteur est venu se placer devant moi et qu’on m’y a attaché, j’ai compris que j’allais partir en voyage. Ça n’allait pas très vite, sûrement pas plus que quand c’était le cheval de mon patron qui tirait. C’est que mes vieux rouages étaient bien rouillés. Il fallait les ménager. J’ai reconnu le passage devant la ferme de M. Bochot, puis la montée du chemin de la Roche. Mais où m’emmènent ils ? Tiens, voilà les vignes ! Mais je ne me souviens pas qu’il y avait une maison ici. Et puis il n’y avait pas non plus ces grands bâtiments sur la gauche ! Et puis voilà qu’on tourne et qu’on descend vers eux. Cela m’inquiète un peu. Ah ! Voilà un grand tas de bois ! Encore une manœuvre et me voilà garé près de lui. Je crois que j’ai fini mon voyage car ils me détachent. Finalement ce sera peut-être aussi bien que dans la grange. Je suis à l’abri du vent, je vois le paysage et j’entends les oiseaux chanter…. Autour de moi, j’entends aussi les hommes parler : « Le bois est sec, l’humidité va le faire gonfler, une fois nettoyé, on pourra le décorer pour la St Vincent… ». Je crois qu’ils ont une idée derrière la tête !"


Les événements agricoles actuels, liés à l'apparition en France en juin dernier de la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie extrêmement contagieuse, met l'élevage des bovins dans l'actualité. Cela a inspiré Bernard Veaux pour évoquer les souvenirs qu'il partage avec Albert Thomas sur l'évolution de la présence des vaches à Culles-les-Roches.

« Vachement … différent ! »

Albert-Thomas, à qui je rendais récemment visite, me racontait ses souvenirs de jeunesse à Chaumois (St Boil). Entre autres, il se souvenait du petit troupeau de vaches laitières (et de quelques charolaises) de la ferme familiale. Sa grand-mère s'appliquait chaque jour à nettoyer le seau de lait, le « coulou », et les outils nécessaires pour faire la crème et le fromage : ledit nettoyage se faisait, paraît-il, à l'eau chaude chauffée sur le coin du poêle… et avec des poignées d'orties (qu’elle savait manier de telle sorte que cela ne la pique pas !). C'était efficace, paraît-il... et même, les orties utilisées servaient ensuite de nourriture pour les cochons !

 

Les choses ont bien changé à ce jour, à Chaumois et bien sûr à Culles aussi. C'est ce que je dont je voudrais vous entretenir ici. Ces souvenirs partagés avec Albert Thomas m'ont rappelé  ces temps pas si lointains où la plupart des habitants de Culles possédaient une ou 2 vaches laitières, des montbéliardes à la belle robe brune et blanche. (Mais à Champagne déjà, me semble-t-il, il y avait des blanches charolaises).

 

Prés, écuries et fumiers …

Les prés, de taille très modeste, et enclos de bouchures, étaient égayées par ces taches de couleur. Rien à voir avec les paysages herbagers aujourd'hui dans les Reutelots, les Benchots ou les Bas. Rien à voir avec les établissements et stabulations de plus de 100 vaches où est hébergé le bétail en hiver, par exemple à Bissy-Sur-Fley.

La dispersion du troupeau à travers tout le village donnait aux pays un aspect que nous avons peine à nous représenter 50 ans plus tard. L'un de mes visiteurs, à qui je parlais de nos vaches au temps jadis, cherchait en vain un de ces grands hangars à foin ou bâtiments à charpente métallique dans le village. Il ne pouvait pas comprendre que les vaches, et éventuellement les chevaux, faisaient intégralement partie de la population, avec des hébergements très modestes  (qu’on appelait toujours écuries et non étables) qui se mêlaient aux habitations… Au point que même les fumiers étaient des éléments communs du paysage. (Cherchez-les maintenant !) Comment était-ce possible ? Il faut désormais des composteurs pour digérer les rebuts alimentaires…

 

Je me souviens que, dans le Bas, de nombreux vignerons polyculteurs possédaient des vaches. Chez Charolles 2 ou 3, chez Prudon 2 ou 3, chez Maurice Veaux 2,  chez Montillot, chez Symphorien Veaux, chez Godin, chez Louis Pépin 1, chez Mathias. Dans le Dessus de Culles, je connaissais moins les troupeaux, mais il y avait aussi des vaches chez Louis Tupinier, Griveaux, Albert Michel, Émile et Louis Peythieu et bien sûr Jean Derain : là, il y avait un commis et quelques vaches de plus qu'ailleurs. De même à la ferme Connord, tenue alors par Monsieur Dubois. Difficile d'imaginer toutes ces bêtes habitant et circulant dans le village ! Et pourtant c'était le quotidien…

 

Circulation animale

Outre le logement, ces animaux avaient besoin de prés de pâture ou de fauche. Ce n'était pas facile d'en trouver de convenables (en propriété ou location), pas trop loin de la maison… puisque chacun en avait besoin ! Et parce que, bien sûr, il fallait mener les vaches au pré le matin après la traite, et les ramener le soir… pas à plus de 3 ou  4 km à l'heure ! Et toutes les rencontres que l'on faisait sur le chemin ralentissaient la marche !

Les vaches profitaient d'ailleurs volontiers de ces haltes pour se soulager. C'était en tout cas ce qui se produisait régulièrement devant notre maison, avant que les vaches n'attaquent « la côte ». Au point que mon père avait dédié une vieille pelle au nettoyage régulier de la route après le passage des bestiaux !

 

Pour la bonne santé du cheptel…

Les vaches, pour la plupart, avaient préalablement fait une halte à l'abreuvoir du Mardéchon, mais certaines avaient déjà eu la chance de trouver à boire dans leur pré, chaque paysan veillant à ce qu'il y ait si possible, dans le pré ou à proximité, un ruisseau ou une petite source. C'est ainsi que mon père avait acheté un pré aux Fondry, sachant qu'il y avait un petit ruissellement en amont dans le bois ; grâce à cela mon père y avait aménagé un abreuvoir auquel les vaches accédaient par une belle allée ombragée, à l'abri des « tavins » (taons).

 

Beaucoup de choses ont changé lorsque les réseaux d'adduction ont été installés et que chaque bête a eu droit à une « buvette » à domicile...

Quelques vaches un peu folâtres, étaient « calmées » grâce à une » empige » de bois attachée à leur cou, notamment « la Rosette » à Louis Godin. (Les chèvres, elles, avaient un triangle de bois autour du cou pour éviter qu'elles ne s'enfoncent trop dans les bouchures).

Tout ce monde, ou presque, avait un nom, et non pas un numéro. Chez nous, c'était la tradition d'avoir toujours une « Moutonne », comme chez Pépin.

 

Avant l'intervention des inséminateurs du centre de Verdun-sur-Le-Doubs, on menait les vaches au taureau, et il fallait généralement se déplacer avec la bête jusqu'au hameau de Champagne, via le chemin de la Grand’Croix ; là, il y avait au moins un taureau.

Les vêlages étaient un moment précieux qu'il ne fallait pas rater ; et faute de caméras et systèmes électriques de surveillance, il convenait de se lever la nuit quand l'heureux événement s'annonçait.

 

Le veau était élevé sous la mère, puis était vendu à un boucher du coin, à moins qu'il n'ait été prévu d'élever une génisse. Généralement, les vétérinaires n'intervenaient pas aux vêlages et il fallait se débrouiller tout seul en cas de problème, avec l'aide de la femme ou des voisins. Les vétérinaires, je me souviens, n'intervenaient guère que pour endiguer une épidémie de bruccellose ou de fièvre aphteuse.

 

Presque en famille…

Quand elles étaient devenues trop vieilles, les vaches étaient vendues comme vaches de réforme pour finir à la boucherie, …  mais c'était un petit drame de devoir se séparer de ces animaux devenus si familiers au long des années, surtout quand les maquignons ou bouchers chargeaient la pauvre bête à coups de fourche dans leur bétaillère, sans ménagement.

Les vaches faisaient en quelque sorte partie de la famille. Matin et soir, il fallait s'en occuper et un lien s'établissait forcément, parce que chaque bête avait son tempérament, son originalité. Volontiers on leur parlait, on les caressait, on les flattait. Tandis qu'elles se nettoyaient le museau à grands coups de langue.

 

Le moment de la traite était un temps privilégié. Les râteliers avaient été précédemment garnis de foin salé tombé du « foineau », et les bêtes se régalaient tout en se laissant traire, et en balayant négligemment de leur queue leurs flancs garnis de mouches… et, par la même occasion, la tête de celui qui trayait, assis sur un petit trépied.

Évidemment, la traite se faisait intégralement à la main (essayez donc… et gare aux poignets !). Le lait giclait dans le seau, avec abondance de mousse. Les enfants de la ville, durant les vacances, aimaient s'approcher pour voir quitte à déguerpir prestement quand le paysan facétieux envoyait un jet dans leur direction.

 

Lait et fromages…

Le seau, maintenu fermement entre les jambes, était ensuite versé dans un bidon surmonté d'un « coulou », large entonnoir muni d'une « patte à coulou » pour filtrer les impuretés. Ce bidon était ensuite gardé au frais : chez nous, on le faisait tremper dans le ruisseau du Mardéchon. Puis il y a eu les tanks à lait, installés à partir du moment où un syndicat laitier du Clunysois a assuré le collectage du lait, après la fermeture de la laiterie Mullot. Précédemment cette laiterie, installée dans l’actuelle maison Viprey, passait quotidiennement pour « ramasser » le lait avec une camionnette (équipée d’un gazogène durant la guerre !), et elle confectionnait une sorte de gruyère.

Bien sûr, la maîtresse de maison prélevait ce qui lui était nécessaire pour le petit déjeuner des enfants, pour la confection éventuelle de la crème et du fromage.

Cette fabrication était bien sûr archi-artisanale, et je garde le bon souvenir de ces faisselles (« fochalles ») de terre cuite perforées, d'où la « laitie » s'échappait avec un peu de fromage. Contrairement au fromage de « cabre » que l'on conservait dans une « chaseire » grillagée, ces fromages étaient consommés  frais avec du sel, du poivre et de l'ail.. et de la crème fraîche. Un délice en été, en revenant des foins ! Parfois on le laissait sécher un peu, et on confectionnait du fromage fort, très utile à la table des vendangeurs.

 

A Noël…

Mais comment, en ce temps de Noël, ne pas évoquer cette coutume de chez nous  (et sans doute d'ailleurs), qui rappelle avec un certain enchantement ces temps «vachement différents », où les bêtes n'étaient pas d'abord des machines à exploiter, mais des « bêtes à bon Dieu », des créatures dont les écologistes modernes se plaisent à nous rappeler la proximité avec les hommes, dans une nature où tout se tient.

Voilà l'histoire. Et ce n'est pas un conte de Noël, c'est « en vrai ». La nuit de Noël, la grande majorité des Cullois se rendaient à la messe de minuit, et cela faisait un bruit inhabituel dans le village. Les vaches, surprises, ne sombraient pas dans leur sommeil habituel, et restaient debout. Comme si elles se doutaient de quelque chose…  et avaient un vague souvenir de la première crèche !

Et elles étaient ainsi toute prêtes à accueillir leur maître au retour de la messe lorsque, le cœur attendri, il venait exceptionnellement leur apporter une ration de fourrage supplémentaire pour un petit réveillon sympa, à leur manière.

Tout cela est quand même « vachement » différent des temps que nous vivons, surtout à un moment où, en raison de l'épidémie de dermatose nodulaire, des troupeaux entiers sont abattus. Mais la douleur des éleveurs, qui n'a pas seulement sa source dans des pertes économiques, manifeste qu'un lien secret subsiste entre l'homme et les bêtes …

 

   Bernard VEAUX - Décembre 2025


Photo du mois

 Pour finir l'année en beauté, cette photo d'un pic-épeiche mâle vu le jour de Noël dans le jardin enneigé des Karpoff. Merci Andrée !